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Meri zindagi Mumbai me!

07 juin 2009

Résistance...

...Si tu n'as rien à faire lundi soir, passe donc faire un tour au Mumbai Times Café.

Comme toutes les deux semaines, le Bombay Elektrik Projekt organise une soirée poésie / slam où tout le monde peut venir s'exprimer, lire ses textes, s'opposer aux autres orateurs, partager sa passion des mots... En Anglais, en Hindi, en Français, avec ou sans instruments, tout est permis.

Pour ce lundi, les organisateurs ont invité Tenzin Tsundue, un poète tibétain, à venir lire ses textes et nous parler de son engagement pour la cause du Tibet.

Quelques extraits de sa biographie - empruntés à Friends of Tibet.

Born to a Tibetan refugee family who laboured on India's border roads around Manali, North India, during the chaotic era of Tibetan refugee resettlement in the early seventies. Tenzin Tsundue is a writer-activist, a rare blend in the Tibetan community in exile.

Tenzin Tsundue joined Friends of Tibet (INDIA) in 1999. Since then he's been working with the organization as its General Secretary. In January 2002 his profile peaked when he scaled scaffolding to the 14th floor of the Oberoi Towers, in Mumbai, to unfurl a Tibetan national flag and a banner down the hotel's facade which read 'Free Tibet'. China's Premier Zhu Rongji was inside the hotel addressing a conference of Indian business tycoons. The world's media featured this feat and Indian police officials congratulated him in prison for standing up for his rights. In April 2005 he repeated a similar stunning one-man protest that captured the world’s imagination while Chinese Prime Minister Wen Jiabao was visiting India’s tech capital, Bangalore.

Because of these daring protest actions, the Government of India restricted his movements at the request of the Beijing government during Chinese President Hu Jintao’s visit to India in November 2006. He was detained within Dharamsala jurisdiction for fourteen days, constantly surveilled by police and intelligence escort.

Tenzin_Tsun

Un de ses poèmes...

A PERSONAL RECONNAISSANCE

From Ladakh
Tibet is just a gaze away.
They said:
from that black knoll
at Dumtse, it's Tibet.
For the first time, I saw
my country Tibet.

In a hurried hidden trip,
I was there, at the mound.

I sniffed the soil,
scratched the ground,
listened to the dry wind
and the wild old cranes.

I didn't see the border,
I swear there wasn't anything
different, there.

I didn't know,
if I was there or here.
I didn't know,
if I was here or there.

They say the kyangs
come here every winter.
They say the kyangs
go there every summer.

Alors, c'est où, quoi, quand comment?

C'est ce lundi 8 juin à 21h30 au Mumbai Times Café, Fifth floor, Crystal Shopping Arcade, Off Linking Road, Bandra (W). Juste derrière le KFC.

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06 juin 2009

Home...

Hier, dans le cadre de la journée de l’environnement, j’ai été joyeusement conviée par le Consulat de France à aller manger des petits fours et boire du champagne découvrir Home, le film de Yann Arthus-Bertrand au PVR de Phoenix Mall à Lower Parell.

Une invitation pour voir un film engagé sur la protection de l’environnement, évidement, je suis partante. (Et puis si on peut se régaler au frais de la princesse aussi, tant qu’à faire…).

Donc me voili-voilà, tranquillou à attendre mes amis devant le cinéma. Je regarde les préparatifs, on déroule le tapis rouge, je vois les employés du consulat arriver en livrée blanche avec épaulettes bleu-blanc-rouge, les bras chargés de carton de vin (yeaaaah, vive la République), il y a les lambda comme moi qui sont venu découvrir le film, en jean tee-shirt et il y a les VIP beaucoup plus guindés. Une rumeur commence à circuler… Tu sais qui doit venir! Nan ? Si, si, si…!!! C’est truc qui l’a dit à chose et ouais, il parait qu’il est très engagé (mouaif, on y croit) et c’est pour ça qu’il vient! Ah ouais? Ben on verra.

En attendant, on pensait tous que le film commencerait à 19h30, mais naaaann, c’est le cocktail à 19h30, le film, c’est à 21h. Là, là, stratégiquement, c’est pas bon… Franchement, 1h30 de cocktail avec les plateaux de petits fours et le vin qui passe sans discontinuer (surtout, qu’instinctivement, mon groupe s’était placé juste à la sortie des cuisines… Nous ne perdons jamais le nord. Plus jamais on nous invitera aux petites sauteries du consulat, je le sens). On discute, on papote, on voit les mêmes têtes que d’habitude, on recroise avec plaisir des gens qu’on n’a pas vu depuis longtemps (spécial coucou à G, merci de me lire tous les jours!!! Saaalûûût!!!). Blablablabla… C’est l’heure du film.

On s’installe confortablement dans les supers fauteuils de la mort inclinables du PVR (les cinés multiplexes en Inde, c’est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie), les filles s’emballent dans leurs châles en laine du cachemire mi-poils de yack mi-poil de biquette (oui, parce qu’il fait à vue de nez 17 degrés dans la salle – bande de malades de la clim, il fait 38 dehors…! Et on vient voir un film sur la protection de l’environnement, c’est ça???), et puis une sympathique personne vient nous faire un discours de bienvenue sur des Ferrari (bonjour monsieur), ensuite, c’est le tour de monsieur le Consul (qui est un homme fort  charmant, mais je crois vous l’avoir déjà dit à plusieurs reprises.), et puis c’est le tour des 6 (OUI, SIX, S-I-X) sponsors de parler. C’est là que tu mesures l’ampleur des dégats vin + petits fours + sièges inclinables + châle doudou tout chaud + j’ai envie de faire pipi en fait. Ohhhh, mon dieu, ça va être looooong! Mais je me suis ressaisie très vite, parce que monsieur La Rumeur, celui dont je n’ai pas dit le nom plus tôt (je suis la reine du suspense), était entré dans la salle. Gniakk hahahahahaha, je vous le donne en mille:

amitabh_bachchan_009_hilj1

Amitabh Bachchan!!! BIG B!!!

(pour les français hors bollywood context. Tu vois Johnny? Oui, bon, multiplie Johnny Halliday puissance 47, et tu obtiens le coefficient de superstarité du monsieur. Amitabh Bachchan, si tu as vu Slumdog Millionaire, c’est l’acteur pour lequel le héros du film se jette dans la merde pour avoir un autographe). Voilà. Big B, quoi. Il nous fait un petit speech, il est content d’être là pour soutenir cette cause, il parle de sa légion d’honneur (ou bien chevalier des arts et des lettres – chais plus) (ah ouais, c’est vrai j’avais oublié ça), de promouvoir le ciné français en Inde. Cool, gentil. Merci. Ah ben au revoir… Tu restes pas regarder le flimi ? Non ? Ah bah non… ben tcho tcho alors.

Et le film commence.  Evidement, Home est une pure merveille pour les yeux.

Nous habitons sur une terre magnifique, splendide, miraculeuse, pleine de couleurs, de formes, de vie, c’est exceptionnellement beau. On se croirait souvent en plein milieu d’une peinture abstraite, l’Islande en presque noir et blanc ressemble à une peinture de Pollock, certains volcans et accumulations de roches ressemblent à une palette de peintre en plein travail, des gros coups de gouache éclatée au pinceau. C’est tout simplement sublime. Juste un peu long (c’est dommage), mais c’est un pur régal pour les yeux (et ça me donne envie de voooyager…). Et effectivement, l’homme est aujourd’hui en train de détruire un des biens les plus précieux que nous ayons et si nous ne nous réveillons pas très vite (à moins qu’il ne soit déjà trop tard, j’en ai bien peur), les générations à venir n’auront plus rien. Pour résumer tout cela et réfléchir un peu, il y a cette phrase de Saint-Exupéry, reprise par M. le Consul hier soir : «nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» Exactement.

Mais je crains que dans des pays comme l’Inde, tout ceci soit très difficile à appliquer. Rien que la semaine dernière, je ne suis presque violemment disputée avec une connaissance à ce sujet. Nous étions dans la rue, en train de boire un chai dans des petits gobelets en plastique. Lorsque j’ai eu fini le mien, je m’excuse un instant et je vais le jeter dans une poubelle qui se trouvait à 10m de là. Mon ami me dit de ne pas prendre cette peine et de simplement jeter mon gobelet par terre au milieu de tous les autres détritus.

Donc, toi, tu jettes ton gobelet par terre? Ca ne te dérange pas que ton quartier ressemble à un dépotoir?

-       Non, ça a toujours été comme ça de toute façon.

-       Et tu n’as pas envie que ça change?

-       Non, je m’en fiche. C’est certes moche et dégueulasse, mais on ne peut rien faire.

-       Si, tu peux faire 10m et jeter ton gobelet à la poubelle, c’est le premier pas vers un changement.

-       Ca ne sert à rien. Les autres jettent leurs trucs par terre, alors pourquoi pas moi ? Et puis il y a des choses beaucoup plus importantes à traiter dans ce pays qu’apprendre aux gens à ne pas jeter leur détritus par terre.

-       Je suis tout à fait d’accord. Il y a des tas de gens dans ce pays qui doivent d’abord penser à leur propre survie avant autre chose. Mais toi, toi, tu es instruit, tu as un bon boulot, tu ne meurs pas de faim, tu vois et tu sais et tu comprends que tout ce qui t’entoure est un pur scandale environnemental, et pourtant tu ne fais rien? Tu ne veux pas faire ce tout petit geste qui permettrait peut-être de donner à tes enfants et des petits-enfants un meilleur environnement pour grandir?

-       Non, moi j’ai grandi là-dedans et eux aussi le feront.

-       Ah ? (là, moi je suis à cours d’argument)

-       Ouais. Et de toute façon, je m’en fiche. Je veux immigrer.

-       (je suis soufflée). Ah bah good luck à l’étranger alors.

What to do…??? What to do, hein??? Il y a encore de gros efforts à fournir pour que les mentalités changent. Tout revient à l’instinct de base où il faut se battre (physiquement) pour obtenir quelque chose. On retrouve cette attitude dans le train où les gens sont prêts à se taper dessus pour monter dans le wagon et ensuite on s’aperçoit qu’il y a de la place pour tout le monde. Oui, mais si tu ne montes pas dans ce train, tu arrives en retard au boulot, tu n’es pas payé et donc tu ne manges pas. Cet argument était certainement valable il y a des dizaines d’années, mais l’attitude est restée ancrée dans les mœurs. Tout est une question de survie de base. Pour nous occidentaux qui n’avons jamais eu à nous battre pour les choses de tous les jours, où tout est accessible, où nous n’avons jamais manqué de rien, nous pouvons nous permettre de penser vers l’avant, d’anticiper, d’essayer de sauver ce qui peut encore l’être. Quand tu ne sais pas si demain tu pourras manger ou t’acheter une paire de chaussure, crois-moi, ta priorité n’est pas le recyclage des déchets ou de mettre des trucs à la poubelle. Mais ça m’E-NER-VEUH quand les gens qui peuvent se permettre de le faire ne le font pas!!! (c’était mon coup de gueule de la journée).

(Comme quoi je ne passe pas non plus tout mon temps à siffler des verres dans les cocktails et à dire des conneries, j’ai AUSSI une certaine conscience du monde qui m’entoure et je réfléchis parfois.) (Ok, pas trop, mais des fois quand même).

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03 juin 2009

Monsoon, Season 2...!

Je balance le teaser!

On regarde le ciel, on compte les averses (une super forte dans la nuit de dimanche à lundi qui m'a fait croire que mon ventilo me tombait sur la figure à 3h du mat, et une autre tôt mardi matin, mais rien d'autre depuis...)

Il fait lourd, il fait très chaud. Franchement, je dis que d'ici une semaine on est bon pour la pataugeoire. Je vais ressortir mon rickshaw submarine et ranger mes Tshirt blancs (MA grosse erreur de Monsoon Season 1).

En attendant, je relaie ce mail on ne peut plus rassurant que le consulat de France vient de nous envoyer (comme quoi je ne racontais pas que des conneries ici...!)

Alerte Mousson

Chers compatriotes,

La municipalité de Bombay (BMC) a diffusé un communiqué sur les risques
d'inondations prévisibles durant la mousson 2009. En effet, la conjonction
de fortes marées et de pluies, même modérées, pourrait entraîner des
inondations à Bombay, notamment dans les quartiers suivants : Lower Parel,
Bandra Kurla Complex, Kalina, Andheri (yay, ça, c'est moi!!!), Borivali, Malad, Navi Mumbai.

Des alertes sont lancées pour les jours suivants :
- mercredi 24 juin : marée haute (4,95 m) à 13h41 ;
- jeudi 25 juin : marée haute (4,97 m) à 14h24 ;
- jeudi 23 juillet : marée haute (5,01 m) à 13h23 ;
- vendredi 24 juillet : marée haute (5,05 m) à 14h03 ;
- samedi 25 juillet : marée haute (4,94 m) à 14h43.

Les écoles seront fermées le 24 juillet (amplitude de marée record depuis
plus de 100 ans).

Le Consulat Général de France vous invite donc à la prudence pendant les
jours concernés par ces fortes marées. Il est recommandé d'éviter les
déplacements, spécialement en voiture, et de décaler les voyages prévus à
Bombay à ces dates.
Par ailleurs, on attend de fortes vagues le 22 juillet, en raison d'une
éclipse de soleil. Les plages et bords de mer sont donc à éviter ce jour-là.

Je saisis cette occasion pour vous rappeler, en cette période de
changements, la nécessité de signaler vos départs et de recommmander aux
nouveaux arrivants de s'inscrire auprès du consulat.

Bien cordialement,

François PUJOLAS,
Consul Général

Posté par Blogi à 11:34 - C'est n'imp! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2009

L’endroit où je n’aurais jamais pensé mettre les pieds

(C'est le 1er, c'est BombayBlog!!)

En y repensant, en arrivant à Bombay, jamais je n’aurais pensé mettre les pieds aussi facilement dans les hôtels de luxe, dans des endroits branchés et à la pointe de la mode. Mais s’il y a aussi des endroits que je n’aurais jamais pensé approcher de si près, ce sont bien les villages de pêcheurs de Juhu et de Versova. Et je ne le regrette pas!

Dans les deux cas, on se perd dans les dédalles de minuscules ruelles qui laissent à peine filtrer le soleil et ou deux personnes ne peuvent pas se croiser. Le linge est étendu un peu partout, dansant avec la brise qui arrive directement de la mer à deux pas.

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Ca sent le poisson séché, c’est une odeur très forte qui prend vraiment à la gorge. Les pêcheurs sont en train de travailler.

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Et puis il y a tous ces gens, affairés ou pas, qui laissent tout tomber pour vous regarder passer.

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On vous dit bonjour, vous répondez avec le sourire, ils sont contents, posent quelques questions en hindi et vous répondez avec deux-trois mots hésitants et ils éclatent de rire. Un vrai rire, franc, amusé, mais pas moqueur.

Et puis on s’approche de la jetée. A Versova. Et on a l’impression qu’un cyclone vient de passer par là.

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Mais non, non, c’est tout à fait normal. Les gens sortent du bac qui fait la navette entre Versova et Madh Island toutes les 5 minutes, c'est leur quotidien.

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On se croirait au milieu d’une décharge publique, il y a des gravats, des bateaux renversés, des ordures, des chiens, des chats, des corneilles et des corbeaux.

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Et au milieu de tout ça, les enfants. Les enfants des pêcheurs. 

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Les slumdogs. Comme ceux du film, sauf que ceux-là ont une famille, des gens qui les aiment et s’occupent d’eux comme ils le peuvent. Ils sont certes pauvres, mais pas miséreux. Ils sont espiègles et turbulents comme tous les enfants.

Ils m’interpellent «auntie, auntie, didi, didi!»

Ils se tordent de rire lorsqu’ils entendent mon prénom «Imli! Imli!!! Hahaha, Imli!!!!» Imli veut dire tamarin, je pourrai m’appeler banane, ce serait aussi tordant pour eux. Et puis ils voient mon appareil photo et ils sautent de joie. Auntie, auntie, photo, photo!!!

On ne peut pas leur refuser…

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Posté par Blogi à 14:30 - Le BomBayBlog - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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