21 octobre 2009
Il y a encore du chemin à faire...
Encore un petit moment d'énervement ce matin au bureau... Je ne devrais plus m'énerver pour ça, je le sais, mais bon...
Ce matin, notre office boy passe ramasser tous les œillets qui décoraient nos PC depuis Diwali. Ces œillets ont été placés là pour 'bénir' nos ordinateurs et leur apporter chance etc pour le reste de l'année. Ils n'étaient pas encore fanés donc il y a eu un petit vent de protestation chez les filles françaises "ehhhhh, ma fleuuuuur!"
Là, une collègue indienne nous explique tout de suite: "Ne vous en faites pas, c'est parce que ce sont des offrandes aux Dieux, donc avant qu'elles ne finissent à la poubelle, nous préférons les ramasser pour aller les jeter à l'eau."
Ahhhh ok! Pas de problème! Tu peux prendre ma fleur. Donc l'office boy va jeter toutes ces fleurs aujourd'hui?
"Oui, il va toutes les mettre dans un plastique et il va les jeter dans la rivière."
...
...!!!
...???
AAAAAHHHH NON! Si tu jettes ma fleur à l'eau, tu la jettes comme ça! Tu ne la mets pas dans un plastique avant!
Mais non, mais non, elle m'a expliqué qu'il les jetait du train à un endroit bien spécifique entre Mahim et Bandra (la Mithi River, j'imagine) et qu'il balançait le plastique directement dans l'eau, pouf, comme ça. Tout le monde fait ça de toute façon. Elle n'avait pas l'air de voir où était le problème, aucune conscience écologique ou environnementale.
...
...!!!
...???
Je reste coite devant ce genre de comportement. PI-NAISE, quoi! On ne veut pas offenser les dieux en mettant leurs fleurs à la poubelle, mais on balance des sacs plastiques à la flotte. C'est une logique sans logique et sans aucun fondement et qui me TUE, parce que ce n'est quand même pas compliqué de comprendre que des milliers de sacs plastiques dans la mer et les rivières, ça va empoisonner et étouffer leur pays!
Mais nan, nan, au moins, la fleur n'aura pas été à la poubelle (au moins, là, elle aurait pu être mangée par une vache!).
20 octobre 2009
Enjoy the quoi...?
The MI-THAI!!!!
(Warning - des mithais ont été sauvagement agressés et dévorés pendant l'élaboration de ce billet...!!!)
Voilà, les mithais, c'est ça:
(Eh, t'as vu ma jolie nappe?!)
De délicieuses sucrerie, très très très sucrées, très grasses (je viens d'en mettre plein mon touch-pad, c'est malin!).
Avec, dans l'ordre d'apparition (mais pas de préférence)...
Ce petit rond de sucre et beurre, avec éclats de pistaches et noix de cajou, entouré d'une couche de pistaches concassées mélangées à du beurre et une autre couche de figue, le tout roulé (NON! Pas sous les aisselles!!! Qui a dit ça?!?) dans des petites graines (de pavot? je ne suis pas sûre...). C'est le mithai le plus subtil et agréable au niveau du goût et des saveurs, mais je n'aime pas la fiiiiigue... snifff...
Ensuite, le classique de chez classique Kaju Katri, losange fait de sucre, de lait concentré et de noix de cajou, le tout recouvert d'une feuille d'argent. On le trouve partout dans les fêtes, les mariages... Si je pouvais, j'en mangerais tous les jours!
Pour continuer, cette admirable boule de sucre, de lait concentré et de ghee (plein de ghee - beurre clarifié...) qui contient, ô surprise, une pâte délicieuse faite avec je ne sais pas quoi mais c'est très bon, et une pistache croquante! CRACK sous la dent!
Et on finit par ce petit rouleau de sucre, lait concentré et beurre, encore une fois à la noix de cajou, mais aussi avec un léger soupçon de cardamome...
MMMMMMMmmmmmmm....!!!!!
Et après, tu t'étooooonnes que je ne rentre plus dans mon jean!
16 octobre 2009
Enjoy the mithai!!!
Happy sparkling and crackling Diwali everyone and wishing you all a prosperous new year!!!
Le Président Barack Obama...
(C'est juste énorme ce truc, faut écouter jusqu'à la fin... Il parle des mithai, les sucreries dont on se baffre ici pour Diwali!)
Et Chotthu, mon watchman...
Vous souhaitent à tous un fabuleux Diwali!!!!
13 octobre 2009
When I was born i sucked a lemon for breakfast...
...and I used handcream for, woooo, 7 generations... !!!
Je suis d'humeur partageuse aujourd'hui. J'ai envie de faire découvrir Cornershop.
Alors, Cornershop, c'est qui, c'est quoi? Nan, c'est pas l'épicerie du coin!
C'est un groupe de pop-rock indépendant anglais, qui à part un méga gros succès en 1997 avec Brimful of Asha, ne fait presque jamais parler de lui, et C'EST BIEN DOMMAGE!. Parce que Cornershop mérite d'être un peu plus découvert, entendu, partagé et apprécié. Voilà, je l'ai dit (et je m'en occupe!).
Cornershop et moi, ça a commencé au lycée. C'est là que j'ai découvert When I was Born for the 7th Time qui ne m'a plus jamais quitté. Un petit bijou de pop sucrée à la Beatles, des recherches dans le son (bruit de fond de conversation en français, bruit d'ambiance de gares et marchés indiens...), des grosses basses bien funk, beaucoup de déconnade (ça se sent). Ce n'est certes pas inovant et ça ne casse pas trois pattes à un canard (les Beatles ont déjà expérimenté les morceaux pop avec les instruments indiens, rien de neuf ici), mais il y a la voix de Tjinder Singh, le chanteur, les mélanges de paroles anglaises - hindi - punjabi, les tablas, les bidouillages... Du coup, c'était différent! Et 12 ans après, ça n'a pas pris une ride.
Haaaan, c'est tellement vieux que je n'arrive pas à trouver de vidéo pour cet album... (à part Brimful of Asha..), alors vous aurez droit à une version accoustique de Norwegian Wood (en punjabi!!!!).
Video: Cornershop perform Norwegian Wood by the Beatles- Watch more Music Videos at Vodpod.
Après when I was born (...), il y a eu d'autres albums un peu expérimentaux que je n'ai pas encore eu la chance de découvrir, et puis il y a eu Handcream for a Generation... Hehehe! Un monstre ce CD. Là, on est coincé dans la fin des 60s. C'est sucré, acidulé, mais les guitares s'enervent et on décolle! Et on rigole beaucoup. Cet album est plein de bonne humeur, de fun, de rires, de woohoo, de bips, de chorale d'enfants, de name dropping, de sons, de n'importe quoi. Moi, il a la capacité de me faire sautiller dans tout mon appart.
Staging the Plaguing of the Raised Platform est LA chanson qui accompagne mon café du matin! (Allez, tous en choeur: making the dodo, the dodo, making the dodo and the dodo!)
Après, on ne peut pas oublier Lessons learned for Rocky I to Rocky III (tu noteras la tendance de Cornershop a donner des noms absolument délirants à ses albums et morceaux)...
Bon, yen a encore plein plein d'autres comme ça sur Handcream (...), mais il faut passer à la prochaine galette: Judy Sucks a Lemon for Breakfast (encore et toujours cette tendance...).
Ca commence très fort par un sublime Who Fingered Rock'n roll (je vous laisse le trouver tout seul dans le tube), suivi en fanfare (c'est le cas de le dire) par The Roll Off Characteristics (Of History in Making)... J'adooore...
Pareil pour Judy, une balade pop en avion entre l'Angleterre, l'Inde, un mélange massala de n'importe quoi qui se termine encore par une reprise, mais des Kinks cette fois-ci... Rhaaaa, Waterloo Sunset (pleins de souvenirs pour moi)...
Bien évidement, si tu veux du Cornershop chez toi, tu fais un petit effort, et tu vas commander à la fnouc, sur le lamazone ou tu ailletiounes tout ça, parce que Cornershop, ce n'est qu'une toute petite petite boutique qui a quand même du mal à tourner! (enfin, si ça marche, mais c'est pas encore Hypercity ou Reliance Fresh!)
10 octobre 2009
Rhoooo Rhoooo
C’est (pas) le 1er, c’est BombayBlog ! (ok, ok, je suis en retard…)
Pour ceux qui suivent mon blog, vous savez déjà que mon appartement est un vrai zoo. On y trouve des cafards (bark !),
des geckos aventureux au comportement déplacé,
il y a aussi des moustiques, (c’est la guerre !), des bestioles inconnues auxquelles j’ai fini par m’habituer, des fourmis grignoteuses et envahisseuses de laptop, il y a aussi eu des rats (qui ont très vite vu de quel bois je me chauffais), et puis il y a ces derniers animaux...
Les plus bêtes, les plus cons, les plus invasifs, les plus bruyants (après les corbeaux).
J’ai nommé, LES PIDGEONS DE BOMBAY !
Les pidgeons, tu vois, d’abord, c’est très con. Si, si, extrêmement con.
Le pidgeon est déjà assez bête pour arriver à rentrer dans ma chambre, se faufiler jusqu’à ma cuisine, s’y installer et ne plus trouver le chemin de la sortie (et accessoirement, paniquer quand je rentre dans MA cuisine, s’éclater 15 fois contre la moustiquaire de la fenêtre et éventuellement vider tout le contenu de leur intestins sur mon plan de travail. Oui, parce que non seulement, c’est con un pidgeon, mais en plus ça a les sphincters fragiles).
Et puis ça fait du bruit, très tôt le matin un pidgeon. Il aime particulièrement se poster sur la grosse boite de la clim, juste sous ma fenêtre ouverte, et puis il gratte, il roucoule, il bat des ailes, il fait des mamours avec des pidgeonnes, tout en roucoulant, en battant des ailes et en grattant avec ses petites pattes aux griffes acérées sur la boite en métal. Tu vois un peu. Et en plus il est très tôt le matin. (oui, je me répète, c’est fait exprès, c’est pour te mettre dans le contexte). Devant tant de cruauté pidgeonnesque envers ma douce petite personne qui n’a rien demandé en ce monde si ce n’est un peu de paix le matin pour dormir un peu, j’ai développé un nouveau sport, qui je n’en doute pas deviendra une discipline olympique d’ici peu.
Le tout consiste à stratégiquement dormir avec 2 oreillers. (2, le nombre est important. 2 étant le minimum requis pour pouvoir participer). A tout moment, il faut garder un oreiller sous la tete, et un autre à portée de main. S’assurer aussi d’être positionné correctement, i.e. dans la direction de la fenêtre de la boite à clim. Quand le pidgeon et la pidgeonne commencent à rhooorhoooer, flapflaper des ailes et grattgratter sur la boîte, attraper l’oreiller (pas celui sous votre tête, l’autre) par un coin, et d’un geste leste et assuré, vif et réveillé, balancer l’oreiller sur le rideau devant la fenêtre pour dégommer les pidgeons. Effet garanti. Le pidgeon fait une crise cardiaque (au bruit des crissements de griffes sur la boite et des battements des ailes, cela ne fait aucun doute) et s’en va. Attention, à aucun moment il ne faut lâcher l’oreiller, car cela implique qu’à la prochaine venue de pidgeon, et il y en aura certainement une, il faudra SE LEVER (mon dieu !) pour ramasser l’oreiller. Cela entraîne une disqualification immédiate et le retrait de la médaille d’or, avec en plus test de dépistage d’EPO. Et personne ne souhaite ça au réveil !
Mais le pidgeon, parfois, sait me manipuler et jouer avec mes sentiments de fille. Parce que tu vois, même si je n’aime pas les pidgeons, que je trouve ça bruyant et sale, extrêmement bête et intrusif (tu t’es déjà réveillé avec 2 pidgeons posés sur ton armoire et qui te dévisagent en penchant la tête sur le côté? Non ? Ben moi si.).
(Bon, là, c'est pas sur mon armoire, mais dans ma cuisine, parce que vois-tu, j'évite de dormir avec mon appareil photo)
Eh bien quand le pidgeon il me fait ce coup là sur le bord de ma fenêtre, et bien je ne peux pas m’empêcher de faire rhooooooo rhoooooo!
C’est fourbe un pidgeon!
05 octobre 2009
Sous l'eau...
En ce moment, nous enchaînons les grands week-ends à Bombay. Nous avons beaucoup de lundis et vendredis fériés alors nous en profitons pour bouger au maximum. Au programme ce week-end: 3 jours de farniente et playa à GOA!
Jeudi après-midi, juste avant le départ, Indian Samourai nous envoie les derniers bulletins météo pour Goa: "pluie abondantes les filles, n'oubliez pas vos parapluies!" On rigole un bon coup! Quoi? De la pluie en octobre? Mais bien sûr! On va se prendre quelques averses au pire, mais c'est tout.
Petit résumé de ce qui nous est arrivé.
Jeudi 22h00: youhouhou, on est dans le bus pour Goa, si ça roule bien, on arrive demain matin à 8h! A 10h on est dans la mer!
Vendredi 11h: on ouvre un oeil dans le bus, toujours en route. Mais...? Pourquoi il est 11h? Pourquoi on n'est pas arrivé? Et t'as vu comme il pleut? Pourquoi on s'arrête comme ça toutes les demi-heures?
Vendredi 12h30: arrivée à Mapusa sous un déluge. Toute la place des bus est inondée. Tous les bus sont en retard. On réfléchit un peu et on se dit qu'au train où vont les choses, il nous faudra encore plus longtemps pour rentrer à Bombay dimanche soir et qu'on risque d'arriver trop tard pour être à l'heure au bureau lundi matin. La sagesse nous gagnant, nous achetons des billets de retour tout de suite pour le samedi soir. On écourte finalement le séjour d'une journée, histoire d'éviter le stress au retour. Pas le temps de se faire rembourser les billets de dimanche, on verra plus tard.
Vendredi 14h: à la guesthouse, on retrouve 2 copines de Bombay, venue en train cattle-class et qui n'ont pas encore leur billet de retour pour dimanche. Ben prenez les nôtres, vu que nous rentrons demain soir finalement.
Vendredi 16h: et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut et il pleut. On est trempé. Tout est mouillé. On tourne au chocolat chaud et au massala chai en jouant au scrabble, en faisant des grat-grat aux chats et en regardant la mer démontée.
Vendredi 20h: et il pleut toujours et il y a un orage terrible dehors...
Vendredi 23h: et ça continue encore et encore...
Samedi 11h: le propriétaire de la guesthouse nous annonce qu'aucun bus et aucun train ne partent de Goa aujourd'hui, les routes et les lignes ont été endommagées par la pluie.
Samedi 11h15: on telephone à la compagnie des bus pour savoir si oui ou non nous avons un bus. We will call you back at 1 o'clock madam.
Samedi 11h17: et il pleut toujours...
Samedi 11h30: on se résoud à passer une deuxième nuit ici finalement. What to do, hein?
Samedi 12h00: le patron du restaurant au bord de la plage et son fils regardent la plage médusés... Il a tellement plu et l'eau a emporté tellement de sable qu'il ne la reconnaissent pas. De nouveaux rochers (habituellement sous le sable) ont fait leur apparition. Ben vlà!
Samedi 12h23: la compagnie des bus rappelle: votre bus part bien ce soir. Ah? Mais il pleuviote encore, vous êtes sûrs? Oui, oui! Bon, ben on part ce soir alors...
Samedi 13h32: Ah bah tiens, il ne pleut plus! Ça se dégage on dirait... On reste, dis??? On reste???
Samedi 13h40: Les billets de bus de ce soir ne sont pas remboursables. Et le bus part. Bon, ben on s'en va ce soir alors. Et puis il repleut... Donc pas de regret.
Samedi 13h56: Notre copine anglaise reçoit un coup de fil de ses parents inquiets comme pas possible: est-ce que tu vas bien? On ne parle que de Goa aux infos en Angleterre. Ah? Euh, oui, oui, il pleut, mais ça va. (là, on se dit que ce n'est pas juste une question de route coupée...)
Samedi 14h18: nos 2 copines de Bombay nous annoncent, juste pendant une éclaircie, que finalement, elles rentrent lundi à Bombay et n'ont donc pas besoin de nos billets de bus de dimanche soir. Allezzz, on reste, on reste!!!!
Samedi 15h03: merde, il pleut! Encore!
Samedi 16h21: ah mais regarde! REGARDE! Un bout de ciel bleu, un rayon de soleil! Il ne pleut plus! Et puis regarde à l'horizon, ça se dégage moi je dis, allez, on reste, on reste, on reste!
Samedi 17h: ça y est, c'est décidé, nous avons décrété que demain il ferait beau, donc nous restons une nuit de plus envers et contre tout.
Nuit de samedi à dimanche: il drache sa mère dehors toute la nuit. La bonne blague.
Dimanche 11h: tiens, il ne pleut plus. Mais c'est presque dégagé dehors. Mais? Mais? Est-ce donc la chaleur des rayons du soleil qu'on sent sur notre peau? Mais oui! Yes! Yes!
Dimanche 15h: on s'est quand même baigné, histoire de... Et entre deux poissons grillés et deux fresh lime soda, on découvre dans le journal l'ampleur des dégâts des pluies diluviennes de ces derniers jours... A Goa et dans le Konkan, ce sont les pires inondations depuis des années et dans les états voisins, il pleut encore à verse et on commence à compter les morts... Ce retour de mousson totalement imprévu a pris tout le monde au dépourvu, mais de toute façon, vu les trombes d'eau qui sont tombées (et qui continuent encore aujourd'hui), il n'y a malheureusement rien à faire.
Dimanche 21h: on est dans notre bus, la pluie s'est un peu calmée. On verra ce que ça va donner.
Lundi 9h45: j'arrive au bureau avec 45 minutes de retard. Finalement, beaucoup de souci pour rien (enfin, si nous pouvons appeler nos histoires de bus des soucis avec tout ce qui est en train de se passer).
En attendant, il continue de pleuvoir et les états du Karnataka et de l'Andhra Pradesh sont en train de se noyer complètement. C'est une vraie catastrophe humanitaire. En plus des morts et des dégâts matériels, les pauvre plantations qui avaient du mal à pousser à cause du manque d'eau lié à la mousson quasi inexistante de cette année, sont détruites et noyées. On prévoyait une mauvaise récolte, mainteant il faudra voir si on aura une récolte tout court...
01 octobre 2009
Overbooked...!
Pas le temps, pas le temps...
... de pondre* un article pour le BombayBlog pour le 1er du mois, mais je me rattrappe dès que je rentre de Goa! (avec cette floutitude de grands weekends, je ne sais plus où donner de la tête, moi!)
* ceci est un premier indice du thème que j'ai choisi de traiter...
30 septembre 2009
Il ne faut pas me chercher...!
L'un des grands inconvénients en Inde lorsqu'on est une femme, de surcroit, étrangère, est que l'on est constamment harcelée, hélée, regardée et prise en photo par les hommes.
C'est extrêmement pénible et même si dans la grande majorité des cas, j'arrive à faire abstraction, il y a des jours où franchement, il ne faut pas me chercher! (Je vous préviens, il y aura des gros mots dans cette note).
Pour remettre les choses dans leur contexte, regardons un petit peu la vie des jeunes hommes indiens et la façon dont ils sont éduqués. Dans la grande majorité des cas (je ne parle pas de Bombay mais du reste du pays hors grandes 'Metros'), ces hommes sont très peu instruits, ne connaissent absolument rien aux relations hommes/femmes (généralement, ils ne cotoient que leurs soeurs, cousines, tantes) et les seules choses qu'ils pensent savoir sur les femmes européennes, ils les ont apprises en regardant Alerte à Malibu et des films X téléchargés sur internet. Dans un sens, la faute aux cultures occidentales de produire et véhiculer cette image de la femme.
Ce qui fait que quand ces jeunes hommes, allez, généralement entre 15 et 35 ans, pas mariés, frustrés et les hormones en feu, croisent une femme occidentale, ils pensent qu'ils ont toutes leur chance avec elle et vont directement leur faire des avances ou les prendre en photo.
Ce week-end, Indian Samourai et moi avons fait les frais et pas qu'un peu. Parce que nous sommes toutes les deux curieuses, ouvertes, que nous voulons découvrir et comprendre le pays dans lequel nous vivons et partager ces grands moments de fête que sont les festivals, nous sommes toutes les deux allées à Jagdalpur le soir pour célébrer Dassera. Comme d'habitude en Inde, grosse foule, une masse de gens et les questions qui fusent de tous les côtés "Which country?", "What's your name?", "Hello madam", "Madam, photo with my familly!", "Madam, you like India?"... C'est classique, on n'y échappe pas, on le sait, et dans la plupart des cas, c'est juste de la curiosité et on répond gentiment avec le sourire avant de s'esquiver.
Et puis il y a les autres, les groupes de mecs qui s'approchent de vous et vous regardent avec un air libidineux dégueulasse et tentent d'entamer la conversation. Ceux-là, direct, on les remet à leur place, on leur parle sèchement et on est limite aggressive avec eux. Pas d'autre solution, malheureusement.
A Jagdalpur, tout est monté graduellement. Nous avons d'abord eu une altercation avec un type qui nous prenait en photo avec son portable "Why do you take our photo? What are you gonna do with it?" "But madame, it's for my website..." (pas chié le mec, pour lui c’était tout à fait normal) Ton website mon cul oui, tu m'effaces cette photo tout de suite ou je prends ton téléphone! Evidemment, toute altercation amène son lot de petits curieux et nous étions repérées. Nous avons commencé à être suivies par une troupe de petits mecs, pas très âgés, qui nous suivaient en faisant des commentaires graveleux (je ne parle pas hindi, mais bon, hein...) et en disant, "Madam, fuck you, fuck you".
Blogi est d'une nature patiente.
Mais Blogi, faut pas la chercher et il y a des choses qu'elle ne tolère pas.
Mais alors pas du tout…
Au 25ème "fuck you", je me suis retournée, dans une colère noire, et j'ai choppé le premier petit con qui se trouvait derrière moi. Il m'a échappé et a tenté de s'enfuir, mais il s'est retrouvé coincé contre les barrières de sécurité et entre la foule. Je lui courais après, l'agrippais par la chemise, mais il glissait et s'échappait. Je ne lâchais pas le morceau, j'allais me le faire, celui-là allait payer pour les 2 ans de 'fuck you' que je me suis pris dans la figure. On bouscule la foule à contre sens, je le rattrape, et là, un autre homme qui me voit le poursuivre l'attrape par la gorge (littéralement) et commence à lui foutre des baffes. J'arrive, je lui fonds dessus et je le baffe aussi, je l'attrape par les cheveux et je lui hurle dessus pendant que je le tape: "What did you say??!!?? What did you say to my friend and me? Go on, repeat!! REPEAT!!!" Le pauvre gars se faisait pipi dessus, entre mes baffes, le type qui le tenait à la gorge, et la foule qui se formait autour de nous, il ne pouvait rien faire. Je regarde autour de moi, je repère une patrouille de police et je traine le gars par les cheveux jusqu'à la police. Je le leur balance et je leur explique la situation. Les policiers l'attrapent et me font signe de partir. TRES BIEN! OCCUPEZ-VOUS DE LUI!!!!
Et nous filons toute les deux, direction la voiture et notre chauffeur au bout de la rue. Il n'est pas là et nous attendons quelques minutes. On le voit débarquer vite vite vite "what happened madam?". Bon, ben il semblerait qu'il soit déjà au courant, et on remarque que le jeune homme qui m'avait aidé à attraper le petit con était encore là, il nous avait suivies pour s'assurer qu'il ne nous arriverait rien d'autre. Il explique tout à notre chauffeur et à un groupe d'hommes qui ne peuvent pas s'empêcher d'écouter l'histoire, et on sent le sang monter. Ca y est, ils veulent sauver notre honneur, aller se battre, retrouver les gars et leur donner une leçon. Ça sent la vendetta. Bon, les gars, non, non, ça va allez, hein, il y a eu assez d'histoires ce soir, on va en rester là, ok. Ok. Nous étions sur le point de repartir quand on voit notre 'sauveur' se faire prendre à partie dans la foule et se faire taper dessus. Le groupe de mectons qui nous avait importunées l'avait retrouvé et voulait régler leur compte avec lui. Ohhhhh putain! Je reconnais le petit mec dans le groupe et je gueule. Notre chauffeur et 3 mecs se mettent à courir après le groupe dans la foule. N'immmmmporte quoi! Ça aurait pu dégénérer en bagarre générale, mais ils n'ont pas réussi à les rattraper (et heureusement, je vous le dis...).
Moi, dans toute cette histoire, ce qui m'énerve vraiment, c'est évidement cette attitude des hommes envers les femmes occidentales (jamais ils ne se permettraient ce genre de comportement avec une indienne). Ils n'ont absolument aucun respect pour nous. Ensuite, tout le monde nous dit: "mais vous savez très bien comment c'est, les mecs sont comme ça, vous saviez que vous auriez des ennuis en allant là-bas." Mais CE N'EST PAS NORMAL que je ne puisse pas me promener dans une ville, le jour où on célèbre la Déesse sous toutes ses formes (si c'est pas paradoxal, ça aussi!) sans me faire insulter. Et en plus, je ne me promène pas en mini-short et débardeur, je porte une kurta, un pantalon long et j'ai même les cheveux attachés. Tu ne vas pas me dire que c'est moi qui ai provoqué, là! Oui, mais comme on ne peut pas changer l'attitude de millions de gens, c'est à moi de m'adapter et à ne pas sortir le soir. Quand on en vient à réduire ma liberté de mouvements et de déplacements, je me fâche, surtout si je ne fais rien de mal.
Rhalalalalala, what to do, hein? Ben rien. Continuer à gueuler, dans chaque ville, à chaque déplacement. Continuer à leur faire comprendre, de la façon la plus violente et agressive possible, qu'on ne parle pas à une femme comme ça. Mais je ne sais pas si ça marche. Généralement, dès qu'on tourne le dos après avoir crié un bon coup, on entend des petits rires narquois...
Restons zen... (et évitons de donner des baffes aux petits indiens... Même s'ils le méritent.)
29 septembre 2009
Même pas une égratignure!
Nous sommes bien rentrées saines et sauves de notre escapade à Jagdalpur dans le Chhattisgarh!!!
Pas trop le temps d'écrire tout en détail, mais nous n'avons eu aucun souci sur la route, même s'il était évident que la sécurité était renforcée et l'armée bien présente.
En attendant plus de détails et quelques anecdote, quelques images d'instants que je ne risque pas d'oublier de sitôt.
Les chutes d'eau de Chitrakot
Une Durga parmi une centaine d'autres, sur la route entre Raipur et Jagdalur
Les chutes de Trinatgarh
25 septembre 2009
Dans le genre bécasses...
Je crois que sur le coup là, Indian Samourai et Blogi ont fait un peu fort...
J'explique...
Dans un grand élan de motivation et de curiosité et surtout par grande envie de sortir un peu de Bombay, nous nous sommes toutes les deux penchées sur cette question existentielle: "mais qu'est-ce qu'on pourrait bien faire pour le grand week-end de Dassera? Où est-ce qu'on pourrait bien aller? Et où est-ce que ça vaut le coup de voir les célébrations de Dassera (ben vi, hein...)?"
Alors, les réponses logiques sont vites tombées: Calculta, Dassera étant LA fête bengali par excellence. Après réflexion (et vu le prix du billet d'avion), on a fait 'non', pas la peine, une autre fois.
Mysore? Oui, pourquoi pas. Mais on y est déjà allée toutes les deux et le bain de foule au milieu d'un troupeau d'éléphants, on vient de le faire pour Ganesh Chaturthi (mais à Mysore, les éléphants, ils sont vivants...).
Bon, on creuse, on googolise, et on tombe sur quelques articles qui nous parlent du district de Bastar dans le Chhattisgarh (oui, nous aussi on a regardé sur la carte pour savoir où c'est...), où Dassera est fêté complètement différement par les tribus locales encore plus ou moins animistes (trop intéressant!), en plein milieu de la jungle (la plus dense et touffue après la jungle amazonienne dixit les articles), et puis ya des cascades genre chutes du Niagara (SU-PER!!!) et puis ya un hôtel qu'a l'air franchement pas mal (avec une sci-pine!). On checke pour les billets d'avion... timing parfait, en plus c'est pas cher. Whouhouhou! Allez hop, trop contentes, on réserve!
(c'est là qu'on va!)
Trop heureuses, nous annonçons donc ça à nos amis indiens qui nous regardent avec des yeux de pomfrets frits et nous demandent:
1. Mais qu'est-ce que vous allez foutre là-bas? (ben s'amuser et voir des cascades dans la jungle!)
2. Mais tu sais que les gens là-bas vivent encore comme il y a 1000 ans? (ben vi, c'est ça qui est intéressant!)
3. Mais t'as pas peur de rencontrer des Naxalites? (Ké? Naaaan, les Naxalites, y sont dans l'Assam et le Mysoram et tous ces états dans l'est là-bas, non? Non? Non.... ah?)
Ah....! Euuuuhhhh..... Attends 2 minutes...
Et on continue les recherches.
Et on se rend compte que c'est pas super super tranquille là-bas en fait, que l'armée est en train de déployer ses forces pour faire sortir les groupes armés de la forêt de Bastar, qu'il y a quand même des commandos qui se promènent un peu partout, et puis voilà, quoi....
Ha ha! Joke! Qu'est-ce qu'on déconne!
Bon, ben... Quoi qu'on fait maintenant?
Et ben du coup, on prend quand même l'avion demain matin pour Raipur et on avisera une fois sur place. Si c'est vraiment craignos, promis, on n'ira pas aux cascades et on restera près de la piscine de l'hôtel!
Nos chefs respectifs au bureau savent que nous partons et tout les gens qu'on connait ont pour ordre d'appeler les pompiers si jamais on ne faisait pas signe mardi matin! (on n'est jamais trop prudent!)
Je vais de ce pas offrir une noix de coco à Saint Indiana Jones et à la Déesse Lara Croft et je vous raconterai comment s'est passé notre week-end mardi ou mercredi!



























